L'orientation donnée par Colbert au traitement des forêts demeure invariable jusqu'à la fin de l'Ancien Régime : insuffisance de la production nationale en bois, et spécialement en bois de futaie ; nécessité d'accroître cette production ; tel est le dogme économique sur lequel repose toute la législation et qui inspire, avec une parfaite continuité, tous les actes du Gouvernement.
La forêt de Fontainebleau apporte, comme les autres, sa contribution à cette oeuvre d'intérêt général ; à la fin du XVIIIe siècle on y fait des délivrances de bois "courbes" pour la marine (Registre Duvaucel, pages 372 et 395); dans le même temps on y assoit tous les ans des coupes spécialement destinées à assurer l'approvisionnement de Paris en bois de chauffage. (même registre pages 377, 378, 381, 383, etc...).
Cependant si le Roi aménage ses forêts pour les besoins du commerce, il entend aussi en retirer un revenu. Le droit public lui en fait d'ailleurs une obligation, car le domaine est la dotation normale de la Couronne : c'est en premier lieu avec les revenus de ce domaine que le Roi doit subvenir aux dépenses de l'Etat, l'impôt n'étant en principe, qu'une ressource "extraordinaire". Il arrive même qu'au XVIe siècle et dans toute la première moitié du XVIIe, les circonstances font passer au premier plan ce caractère domanial et fiscal de la gestion forestière. Gêné à partir du règne de François 1er, le Trésor Royal se trouve, sous les derniers Valois, aux prises avec les pires difficultés, ne pouvant obtenir des Etats Généraux les subsides dont il a besoin, réduit aux anciens impôts qui sont insuffisants et aux revenus du Domaine,