Après
l'avoir suivi sans dévier jusqu'au fond de la gorge, on se dirigera par celle
à gauche l'espace d'une vingtaine de pas, pour aller visiter, à droite et à
peu de distance du chemin, un Hêtre remarquable par ses épais feuillages et
sa forme ronde ; mais ce qui le distingue plus particulièrement, c'est une Aubépine
, qui, sortie de terre au pied de son tronc, le pénètre au cœur, et après l'avoir
traversé, porte et confond ses rameaux fleuris parmi ceux du hêtre. Quand on
aura visité cet arbre singulier, on rentrera sur la route qui sera remontée
à gauche, vers l'intérieur, de la gorge jusqu'au deuxième carrefour, où l'on
prendra le chemin à gauche montant sous les arbres et passant entre deux chênes
séculaires paraissant contemporains, et qu'on nomme les Deux Gardiens. Du point
où sont ces chênes, on a autour de soi des gradations de terrain et des
perspectives
des plus pittoresques, des massifs de haute futaie, des bosquets, des pelouses,
des genévriers et des rochers tapissés de verte mousse et ombragés par des houx,
des hêtres et d'autres grands végétaux s'élançant d'entre leurs masses admirablement
groupées et superposées. En continuant à monter au-delà des deux gardiens, on
passera près d'une grotte assez remarquable par sa structure intérieure, dont
les parois présentent une infinité de petits évidements longitudinaux, dirigés
dans tous les sens, ressemblant à des traces laissées par l'affilage de quelque
outil, et qui cependant sont l'ouvrage de la nature.
Ayant dépasse les masses de grès qui bordent le chemin, et étant parvenu sur
le haut de la sortie de la gorge aux Loups, on continuera sans dévier entre
la vieille futaie des Ventes-à-la-Reine et un bois plus jeune, mais d'une très
Guide du voyageur dans la forêt
de Fontainebleau
CINQUIEME PROMENADE -page 04-