en
un mot, ce rendez-vous est un diminutif de la fête de Saint-Cloud ou une imitation
de celle des Loges dans la forêt de Saint-Germain. En quittant Franchard, il
faudra se diriger à pied par le sentier des Abeilles, à gauche du puits; et
après l'avoir suivi quelques instant sous les marronniers et parmi d'antiques
genévriers, en laissant la mare à gauche, on descendra un escalier débouchant
presque en face de la Roche-qui-Pleure, où l'on joindra l'équipage qui aura
dû, en partant de l'ermitage, prendre par la route de calèche à, droite du puits,
et la suivre toujours à gauche. La Roche-qui-Pleure, ainsi nommée à cause d'un
filet d'eau qui s'échappe goutte à goutte de sa partie inférieure, est une masse
de grès située sur la droite et tout près du chemin, entre plusieurs blocs non
moins volumineux et paraissant n'avoir jadis formé qu'un seul et même rocher,
dont
le tout se sera rompu et divisé, par suite de la dégradation occasionnée par
les eaux, du terrain qui lui servait de point d'appui.
Du haut de 1a Roche-qui-Pleure, la vue se projette sur d'arides rochers et au
loin sur la petite plaine de Saint-Martin. En face de cette roche et de l'autre
côté du chemin, on en voit une dont la profonde cavité et les quelques arbres
qui en ombragent les abords offrent un aspect singulièrement pittoresque. Sortant
de la Roche-qui-Pleure, on se dirigera vers l'antre des Druides, en suivant
la route de calèche qui descend dans la gorge et en prenant le premier chemin
à droite, qu'il faudra suivre quelques centaines de pas ; puis mettre pied à
terre à l'entrée d'un sentier à gauche lequel on gravira l'antre des Druides,
sorte de galerie couverte par une roche entièrement suspendue et pouvant abriter
à la fois plus de quarante personnes.
Guide du voyageur dans la forêt
de Fontainebleau
PREMIERE PROMENADE -page 06-